J’aime / J’aime pas

14 septembre 2026

Nos rencontres et nos discussions ont parfois buté sur des projets emblématiques, mais emblématiques pour les mauvaises raisons. S’est alors posé la question suivante : si nous sommes ici pour montrer les coulisses de la fabrique de la ville, que faire des équipements ou des aménagements décriés ? Sommes-nous là pour distribuer les bons points ou au contraire tenter de présenter le territoire dans sa complexité, y compris sa médiocrité et son sublime ?

C’est normal, et assez commun : certains projets font l’unanimité contre eux. Ajaccio n’échappe évidemment pas à la règle, en particulier la Miséricorde, la place du Diamant ou encore le projet du téléporté. Ce dernier multiplie apparemment les faux pas : retards de chantier, problèmes de dépollution, intérêt tout relatif ("un téléphérique pour aller à Leroy-Merlin !"). Un peu de mauvaise foi, parfois du ressentiment (là, nous ne pouvons rien faire) mais surtout beaucoup d’informations contradictoires (c’est là que nous intervenons).

À nous de tenter d’expliquer les décisions prises et les choix faits parce que c’est sans doute moins simple qu’il n’y parait. À nous aussi de faire entendre la voix de celles et ceux qui, comme Maria ou Valérie, nous confient être contents ou fiers de ces équipements. Maria par exemple trouve certes que la fenêtre du téléphérique est presque trop haute pour l’ouvrir toute seule, mais elle retient surtout la vue impressionnante sur la baie et le maquis, les petites files d’attente sympathiques qui se forment à la sortie des écoles, ou encore le lointain souvenir des embouteillages.

Les cabines, d’une capacité de 12 passagers, circulent toutes les 40 secondes.
Jeux d'ombre et de lumière dans les gares conçues en béton sablé par Capo Architectes.
Mécanismes du téléporté, cette ligne de transport parcourt 3 km en 12 minutes.
Campagne d'affichage dans les rues d'Ajaccio pour inciter les usagers à utiliser le téléporté.