Le CampusPlex, ou l’architecture comme objet complexe
16 septembre 2026
Le CampusPlex a été livré en 2026 par l’agence Alba. C’est un immeuble installé paisiblement le long du Cours Napoléon et dont l’architecture rend un hommage à peine voilé à ses voisins, tant dans sa forme, ses étagements ou ses loggias. C’est surtout sa couleur qui l’individualise, une couleur qu’un de ses visiteurs a poétiquement décrite comme “un Roland-Garros sous la pluie”...

En tout cas, elle semble résonner avec le message très clair qu’ont voulu renvoyer ses initiateurs : le CampusPlex est ici pour “construire le futur depuis la Corse”. Vaste programme et ambition à la fois politique et économique qui dépasse de loin le simple bâtiment. Mais celui-ce se devait d’être emblématique et assumé. Un immeuble “honnête” comme le décrivent les architectes et les propriétaires (GoodBarber), qui assume d’être résolument contemporain et de s’inscrire dans un tissu historique. Honnête dans son traitement des matériaux (panneaux de façades en béton préfabriqué et teint dans la masse... du moins à l’origine, fenêtres en bois laissé naturel), dans son interprétation minimale des modénatures et décors environnants.



Et le slogan “Construire le futur” prend ici une traduction concrète, puisque le bâtiment pourra prendre d’autres usages dans les années à venir, se transformer des bureaux en logements ou hôtel grâce à une recherche d’optimisation structurelle et technique (noyau central, porteurs, dimensionnement des issues).
Étrangement, le CampusPlex est donc la traduction presque nonchalante d’une stratégie économique forte. En cela, il se situe à l’opposé des architectures triomphantes de la finance au 19e siècle, pour qui la pierre devait incarner l’ambition. Ici, le béton se contente d’accueillir et de prendre soin, à l’évidence.