Porto-Vecchio : un équilibre à réinventer entre mer et montagne

14 juillet 2026

Une autre citadelle, une autre histoire. Celle de Porto-Vecchio a des airs de ville du piémont pyrénéen, avec ses rues bordées de façades en granite gris et ses pentes escarpées. La comparaison s’arrête sans doute là, car ici la citadelle est une destination touristique, dans laquelle les 2/3 des boutiques sont fermées hors-saison (d’après les commerçants rencontrés).

En soixante-dix ans, et en résumant à gros traits, une ville dont l’économie traditionnelle reposait sur l’export (de bois, de sel, de liège) est aujourd’hui dépendante de l’import (des touristes, des devises, des matériaux). Le port de plaisance a écrasé la concurrence : les usines de liège et les scieries ont fermé, les marais salants aussi. C’est ce chaos urbain, réalisé sans gestion foncière qui définit aujourd’hui le visage polymorphe de la ville et de ses quartiers.

Aujourd’hui, Porto-Vecchio prend conscience du changement de paradigme que sa vocation touristique actuelle demande : gestion du stationnement et des mobilités douces, rééquilibrage entre locaux et visiteurs. La ville se dote d’outils (le PLU en cours de validation devrait changer la donne), et dans l’arrière pays, des équipements structurants construits ces dernières années sont déjà là pour participer à ce développement.

On voit aussi poindre les actions d’acteurs locaux en faveur d’un rééquilibrage historique et symbolique, une manière de renouer avec l’arrière-pays et ses ressources. Une jeune génération d’entrepreneurs (dont des architectes) et d’élus s’efforcent de faire renaitre la couronne maraichère selon la méthode Fortier, de construire en béton de site, pin Lariccio et liège, ou encore de rééquilibrer le logement entre résidences principales et secondaires pour financer des services de qualité pour tous.