Bonifacio : trois villes, cent questions

11 juillet 2026

Que c’est dense ! D’emblée, nos interlocuteurs et interlocutrices (élus, directrices en charge du patrimoine et du tourisme) nous mettent dans le bain : la commune de 3400 habitants accueille jusqu’à 17 000 visites par jour en été, pour un total de 2 millions de touristes l’an dernier...

Le patrimoine très particulier de Bonifacio, qu’il soit géologique, géographique, historique ou bâti, explique son attractivité mais implique des problématiques elles aussi très spécifiques. La question de la gestion de l'eau arrive très vite, dans un grand écart assez étrange, à la fois technique et historique, entre l’adduction d’eau dans la citadelle militaire et l’assainissement vertueux du golf de Spérone.

Nos interlocutrices ont sorti les cartes, les cahier des charges ou les fiches action. On nous raconte les choix d’aménagement passés et à venir (dont la labellisation en cours “Grand Site de France”), la volonté de requalifier le tourisme et de mieux l'intégrer au paysage, de protéger les ressources. Et l’architecture contemporaine dans tout cela ? Sa perception oscille entre patrimoine de demain... et symbole agaçant de “la maison des Parisiens en vacances” !

Au gré des discussions, on nous partage aussi un regard sur Bonifacio et son bâti, une appétence pour l’architecture balnéaire en bois des années 70, les pépites de l’aménagement urbain ou encore l’évidence toujours actuelle des techniques traditionnelles de construction. Tout faire pour lutter contre les périls climatiques (submersion, érosion, réchauffement…) et continuer à bien vivre dans la ville haute de Bonifacio.

Bonifacio est un patrimoine, trois (voire quatre) villes différentes, un site à protéger, des œuvres artistiques et architecturales contemporaines très visibles dans l’espace public, des cavernes et des jet-skis. Et surtout des gens passionnés à la manœuvre pour faire fonctionner tout cela.